Les probiotiques protègent-ils notre flore intestinale lors d'un traitement antibiotique ?
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Les probiotiques protègent-ils notre flore intestinale lors d'un traitement antibiotique ?
Si vous prenez des antibiotiques, vous risquez fort d'avoir des désagréments intestinaux. En effet, les antibiotiques ne se contentent pas de tuer les bactéries nocives à l’origine des maladies. Ils causent aussi des dommages collatéraux au sein de notre microbiote, la complexe communauté de bactéries qui peuple dans nos intestins. Pour atténuer cette perturbation, une stratégie populaire consiste à prendre un complément à base de probiotiques, contenant des bactéries vivantes. Mais est-ce vraiment efficace ?

Si vous prenez des antibiotiques, vous risquez fort d’être victime de diarrhée. En effet, les
antibiotiques ne se contentent pas de tuer les bactéries nocives à l’origine
des maladies. Ils causent aussi des dommages collatéraux au sein de notre
microbiote, la complexe communauté de bactéries qui peuple dans nos intestins.
Il en résulte donc aussi un appauvrissement profond, quoique généralement
transitoire, de la population de bactéries bénéfiques qui y vivent.
Pour atténuer cette perturbation, une stratégie populaire
consiste à prendre, pendant ou après un traitement antibiotique, un complément
à base de probiotiques, contenant des
bactéries vivantes. La logique est simple : les bactéries bénéfiques présentes
dans l’intestin étant endommagées par les antibiotiques, pourquoi ne pas les
remplacer par les souches bactériennes « bénéfiques », contenues dans les
probiotiques, afin d’aider les populations de bactéries intestinales à
retrouver leur « équilibre » ? La réponse est toutefois un plus compliquée que
cela.
S’il existe quelques
preuves que la prise de probiotiques peut empêcher la survenue des diarrhées
dues aux antibiotiques, cet effet bénéfique est relativement limité : il ne
concerne qu’une personne sur 13. Par ailleurs, ces études ont souvent négligé
d’évaluer les méfaits potentiels de l’utilisation des probiotiques. Elles n’ont
pas examiné leur impact sur le microbiote intestinal au sens large.
Probiotiques, le pour et le contre
Une récente étude a
mis à mal l’hypothèse selon laquelle il n’y aurait que peu d’inconvénients à
prendre des probiotiques. Les participants à ces travaux se sont vus
administrer des antibiotiques, puis ont été séparés en deux groupes. Les
membres du premier ont reçu un probiotique contenant 11 souches bactériennes,
durant quatre semaines. Les membres du second groupe recevaient quant à eux un
placebo.
Les chercheurs ont découvert que les dommages causés par les
antibiotiques à la flore intestinale des membres du premier groupe permettaient
aux souches du probiotiques de coloniser efficacement leur intestin. Mais ils
se sont aussi aperçus que cette colonisation retardait la récupération du
microbiote, qui restait perturbé durant toute la durée de l’étude, soit six
mois. Le microbiote du groupe placebo, en revanche, revenait à la normal
seulement trois semaines après la fin du traitement antibiotique.
Cette recherche met en lumière une vérité quelque peu
inattendue : nous ne savons toujours pas quelles sortes de bactéries nous sont
réellement bénéfiques, ou même en quoi consiste un microbiote en bonne santé.
Il semble en tout cas peu probable que des souches bactériennes particulières
soient, individuellement, utiles. C’est plutôt la collaboration de milliers de
différentes sortes de microbes, au sein de communautés diversifiées, qui
procure des bénéfices à leur hôte en matière de santé. Ces communautés
microbiennes sont tout aussi spécifiques que chacun d’entre nous peut l’être.
Ce qui signifie que bonne santé ou maladie ne dépendent pas d’une unique
configuration. De ce fait, il est peu probable que l’ajout d’une souche
bactérienne, ou même de 11, dans un probiotique puisse suffire à rééquilibrer
un système si complexe.
Une alternative plus efficace, mais moins facile à accepter
L’étude a également exploré une approche alternative à la
restauration des microbiomes par probiotique : un groupe de participants s’est
vu prélever ses propres selles, lesquelles ont été congelées avant
l’antibiothérapie. Celles-ci ont ensuite été réintroduites dans leur intestin à
la fin du traitement antibiotique.
Ce traitement, connu sous le nom de transplantation fécale
autologue, a permis de rétablir le microbiome à son niveau initial après
seulement huit jours. Les membres du groupe témoin ont mis 21 jours à se
rétablir.
Il a également été montré que cette approche permet de restaurer efficacement le microbiote
intestinal après un traitement combinant antibiotiques et chimiothérapie. Comme
on peut s’y attendre, les patients qui suivent ce type de traitement ont un
risque plus élevé de complications graves, en raison du bouleversement de leur
microbiote. Les recherches en cours nous aideront à comprendre si la
restauration microbienne par transplantation fécale autologue se traduira par
des avantages tangibles pour ces patients. Mais quoi qu’il en soit, pour la
plupart des gens, cette approche ne sera pas envisageable.
Nourrir les bonnes bactéries
Une stratégie plus pragmatique pour favoriser la
récupération consiste à fournir aux bonnes bactéries intestinales leur source
d’alimentation préférée : les fibres. Les composés fibreux passent dans
l’intestin grêle sans être digérés, puis pénètrent dans le côlon, où ils
constituent un carburant pour la fermentation bactérienne.
Donc, si vous prenez des antibiotiques ou si vous avez
récemment terminé un traitement, assurez-vous de manger beaucoup de légumes, de
fruits et de céréales complètes en suivant, par exemple, ces 10 recettes pour
prendre soin de sa flore intestinale. Vos bactéries intestinales vous en seront
reconnaissantes.
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