Bactéries, l’inquiétante émergence de « superbactéries »

Bactéries, l’inquiétante émergence de « superbactéries »
De nombreux cas de patients infectés par une famille de bactéries très résistantes aux antibiotiques usuels ont été découverts en Grande-Bretagne. La propagation rapide et massive de cette souche, isolée pour la première fois en Inde en 2008, inquiète la communauté médicale.
Nous n’en sommes pas au scénario-catastrophe d’une pandémie bactérienne incontrôlable, mais l’inquiétude grandit. Une nouvelle génération de bactéries, touchant les poumons et l’appareil urinaire, très résistantes aux antibiotiques usuels est en train de se propager dans le monde entier.
Dans une étude parue des chercheurs anglais, indiens, australien et suédois tirent pour la première fois la sonnette d’alarme.[rouge]La NDM-1 - c’est le nom de l’enzyme produite par cette nouvelle souche bactérienne[/rouge] - « a de grandes chances de devenir un problème de santé publique mondial. Une surveillance coordonnée au niveau international est nécessaire. » [rouge]C’est cette enzyme qui rend inefficace les antibiotiques les plus courants, de la famille des bêtas-lactamines (pénicillines, céphalosporines et même les carbapénèmes, utilisés jusqu’à présent dans le traitement des souches multirésistantes[/rouge]).
Un cocktail d’antibiotiques toujours efficace
Ce qui inquiète la communauté médicale, c’est un faisceau très rare de problèmes convergents
Tout d’abord, cette multirésistance aiguë aux antibiotiques. « Seuls deux antibiotiques sont encore efficaces, mais le premier, la colistine, ne peut être administré que par voie intraveineuse, et le deuxième, la tigécycline, est inefficace contre les infections urinaires », insiste le professeur Nordmann. Un gros problème puisque ces nouvelles bactéries touchent plus particulièrement l’appareil urinaire (elles peuvent également toucher les poumons) et que ce type d’infection est très répandu.L’Inde et le Pakistan constituent d’ores et déjà un réservoir considérable de ces bactéries.
Un endroit surpeuplé, un manque d’hygiène désastreux et l’utilisation massive d’antibiotiques : les conditions idéales étaient réunies pour voir l’émergence rapide d’une souche très résistante. Les populations de cette région étant très mobiles (flux migratoires très importants avec la Grande-Bretagne, l’Australie et l’Afrique), et les deux pays très touristiques, la bactérie pourrait continuer à se répandre rapidement dans le monde entier.
« Eviter le tourisme médical en Inde et au Pakistan »
Autre source d’inquiétude, la bactérie n’a pas été isolée uniquement dans les hôpitaux. Dans les deux pays source, elle serait déjà présente dans les villes. Le professeur Nordmann se refuse toutefois à lancer le moindre mouvement de panique. « Il est hors de question de déconseiller aux gens de se rendre là-bas pour le moment.Eviter de pratiquer le tourisme médical semble toutefois judicieux ».
De nombreuses personnes se rendent en effet dans ces pays pour se faire opérer à bas coûts les soins dentaires et la chirurgie esthétique y sont très bon marché. La plupart des cas isolés dans le monde sont d’ailleurs liés à des étrangers partis se faire opérer en Inde.En France, les mesures à prendre seraient « en cours d’écriture » au ministère. L’objectif étant de repérer les personnes infectées le plus rapidement possible afin de les isoler et d’éviter les contagions. Mais la situation n’est pas aussi préoccupante qu’en Grande-Bretagne où « cela peut aller très vite »
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